Un an après son sauvetage, Dexia se remet mais l’incertitude demeure
Un an après son sauvetage par les Etats luxembourgeois, belge et français, la banque Dexia est en voie de rétablissement mais l’inquiétude demeure dans l’attente des conclusions d’une enquête diligentée par la commission européenne.
Alors qu’elle était au bord de la faillite, privée de liquidités en raison du climat de défiance née de la chute de Lehman Brothers, les Etats ont décidé dans la nuit du 29 au 30 septembre 2008 d’augmenter le capital de la banque franco-belge de 6,4 milliards d’euros.
Ils ont aussi apporté leur garantie aux emprunts de la banque afin qu’elle puisse à nouveau se financer sur les marchés.
Aujourd’hui, la banque arbore de meilleures couleurs. Elle a renoué avec la rentabilité au premier semestre, enregistrant un bénéfice de 251 millions d’euros au premier trimestre, et de 283 au second, après une perte de 3,3 milliards en 2008. La filiale américaine FSA, à l’origine de lourdes pertes, a été cédée.
La banque parvient de nouveau à se financer seule sur les marchés, sans la garantie de l’Etat: elle a émis depuis le 1er janvier pour 40 milliards d’euros d’obligation, dont plus de 40% sans la garantie des Etats, selon un porte-parole.
Cette garantie a été renouvelée en septembre pour une durée d’un an, mais Dexia entend s’en passer à partir de novembre 2010.
Suppression de postes
Et le plan de restructuration est en marche : après une première vague de 900 suppressions de postes, une seconde de 600 emplois a été annoncée le 25 septembre. Les activités ont été recentrées sur leur cœur historique : le financement des collectivités locales en France et la banque de détail en Belgique.
Mais la banque continue d’évoluer dans un environnement incertain, notamment au regard des résultats de l’enquête diligentée en mars par la Commission européenne sur la rentabilité de Dexia et sur les éventuelles distorsions de concurrence liées aux aides d’Etat.
Selon une étude de Natixies Securities datée du 23 juillet, « il est probable que les membres de la Commission européenne demandent à Dexia d’aller plus loin en termes de cessions d’actifs et de restructurations ». Son auteur, Christophe Ricetti, évoque la cession possible de l’activité Asset management.
« Il ne faudrait pas que la Commission nous oblige à des cessions qui nous priveraient des moyens d’investir », s’alarme Jean-Claude Trochain, délégué syndical CFDT. Une « rumeur » évoque selon lui une cession de la banque turque DenizBank, ce qui serait « dramatique ».
10 milliards pour les collectivités
Pierre Mariani, administrateur délégué de Dexia, s’est dit le 29 septembre « confiant » quant aux conclusions de la commission, tant en ce qui concerne la santé économique de la banque que sur les aspects concurrentiels.
Alors que la banque a prêté au premier semestre 4,9 milliards d’euros aux collectivités locales, loin de son objectif annuel de 19 milliards, Pierre Mariani a reconnu une « baisse de part de marché » en début d’année, mais estimé que la situation de la banque était désormais « suffisamment solide » pour qu’elle puisse relancer son offre de crédit.
Dix milliards ont été récemment mis à disposition des collectivités locales, a-t-il rappelé.
Selon Christophe Ricetti, de Natixies Securities, la part de marché de Dexia dans la production de crédit aux collectivités locales est actuellement de 20%, contre 42% auparavant, un chiffre que Dexia n’a ni confirmé ni démenti.
AFP



